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Accidents, urgence

Exposition au soleil

FICHE DE PRÉVENTION

Notre civilisation a imposé la mode des peaux bronzées et chaque année, à la période des vacances, des millions d'individus s'exposent aux rayons du soleil. Mais ils ne sont pas toujours conscients des risques que cette pratique peut présenter pour leur santé. Le soleil est nécessaire à la vie, mais il n'est pas source de jeunesse et de beauté. Bien au contraire. Les seuls effets bénéfiques de la lumière solaire chez l'homme sont la production de vitamine D dans la peau et la synchronisation des rythmes biologiques. Le bronzage est une réaction de défense de la peau qui oppose ainsi un filtre à la pénétration du rayonnement solaire. Mais ce filtre n'a qu'une capacité limitée et l'abus de l'exposition au soleil peut entraîner des réactions immédiates (« le coup de soleil » véritable brûlure) et à plus long terme des lésions irréparables : des tâches disgracieuses (photodermatoses) ; le vieillissement prématuré de la peau ; des cancers de la peau, parmi lesquels les mélanomes sont d'une gravité particulière. L'incidence (nombre de cas nouveaux dans une année) du mélanome a doublé en dix ans ( 7 321 cas en 2000).


LE RAYONNEMENT SOLAIRE ET LA PEAU

Le soleil envoie vers notre planète un rayonnement complexe. C’est le rayonnement ultra-violet qui est responsable des effets sur la peau. Les rayons de courte longueur d’onde (UV-C) sont arrêtés par la couche d’ozone de la haute atmosphère, et seuls les rayons ultraviolets B et A atteignent la surface terrestre. Le rayonnement ultra-violet solaire est d’autant plus intense que le trajet du rayonnement solaire dans l’atmosphère est plus court ; ce trajet est minimal près de l’équateur, en altitude, à certaines périodes de l’année (juillet) et à certaines heures de la journée (les 2/3 de la dose quotidienne d’UV sont reçus entre 12 heures et 16 heures, heure d’été). Les rayons UV sont réverbérés par la neige, l’eau, le sable ; ils peuvent parfois traverser les nuages dans une proportion de 70 à 90 %, pénétrer dans l’eau jusqu’à une profondeur de 1 mètre et même traverser certaines étoffes. Leurs effets peuvent être renforcés par certains produits «photosensibilisants».

Une exposition excessive de la peau au soleil provoque le « coup de soleil » qui est dû aux UV-B, les UV-A étant eux, responsables de la stimulation de la pigmentation. Mais il existe de fortes variations individuelles dans les réactions de la peau au soleil.


LES MESURES DE PROTECTION
  • Ceux dont la peau permet le bronzage doivent, néanmoins, s’exposer progressivement (il faut 4 jours pour qu’apparaisse un bronzage naturel), et utiliser une crème solaire contenant des agents fi ltrant les UV, en renouvelant les applications après un bain et en évitant de prolonger l’exposition. Il faut se souvenir que l’on est plus exposé si l’on reste immobile que si l’on bouge, et se méfi er des UV au travers des nuages et de leur réverbération sur l’eau, et le sable (on n’est même pas totalement à l’abri sous un parasol).
  • ceux dont la peau ne tolère pas le soleil, qui rougissent et bronzent peu, notamment les enfants, ne doivent pas chercher à bronzer à tout prix mais utiliser des crèmes à indice de protection élevé (tout en sachant que même les appellations « écran extrême » ou « écran max » qui ont remplacé « écran total » ne garantissent pas une protection absolue, notamment pour ceux dont la peau est particulièrement sensible) et s’exposer un minimum de temps.

Tous doivent chercher à réduire le temps passé à l’extérieur en été, en particulier dans la tranche horaire 12 à 16 heures et se souvenir qu’on est plus exposé aux UV en altitude et près de l’équateur, et que certains produits (cosmétiques, parfums, eaux de toilette, mais aussi certains médicaments) entraînent une photosensibilisation, c’est-àdire une plus grande vulnérabilité de la peau au soleil.

Des études récentes ont montré que l’utilisation des crèmes solaires, contrairement à ce qui était attendu, ne diminuait pas le risque de mélanome mais favorisait le développement de nævi (pluriel de nævus, tache pigmentée sur la peau) chez l’enfant, et chez l’adulte la prolongation inconsciente de l’exposition au soleil et l’exposition aux UVB. Le Centre international de recherche sur le cancer (C.I.R.C.) déclare sans équivoque qu’il n’y a pas de preuve d’un effet de protection des crèmes solaires contre le risque de mélanome.