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Accidents, urgence

Brûlures par l’eau chaude sanitaire.

FICHE DE PRÉVENTION

Les brûlures par l'eau chaude sanitaire font partie des accidents les plus cruels de la vie domestique. Elles touchent principalement les jeunes enfants et les personnes âgées : 14,7 % des brûlures des enfants de 0 à 5 ans sont dues à l'eau chaude sanitaire (ECS) avec un âge moyen d'environ 25 mois et une surface moyenne brûlée d'environ 16%. Il s'agit souvent d'accidents graves puisqu'ils entraînent un taux d'hospitalisation élevé (18 %) et une durée moyenne de séjour de 17,6 jours, trois fois supérieure à la moyenne des accidents de la vie courante. Ils nécessitent également une prise en charge ultérieure dans 51 % des cas, car les séquelles qu'ils entraînent, esthétiques (visages) ou fonctionnelles (mains), sont souvent graves.




Diagramme des gravités de brûlure en fonction du temps de contact et de la température.

Ce diagramme a été réalisé à partir d'études menées chez l'homme. On observe que les enfants sont plus "agressés" par la chaleur que les adultes. En effet il faut :

- 3 secondes (7 pour un adulte) pour causer à un enfant une brûlure du 3ème degré avec de l'eau à 60°C,
- 1 minute (8 pour un adulte) si l'eau est à 50°C. Cette température peut donc constituer la limite supérieure à partir de laquelle les brûlures occasionnées commencent à être sérieuses.

En outre, la moindre sensibilité des enfants à la brûlure allonge le temps du réflexe nécessaire au retrait des membres exposés.

Pour les enfants les principales sources de danger sont dues à l'eau du bain trop chaude. L'enfant s'amuse avec le robinet d'eau brûlante, est surpris par un "réglage" occasionnel de la source d'eau chaude ou effectue lui-même une fausse manœuvre au robinet (mauvaise utilisation du mitigeur notamment).
Concernant les personnes âgées le danger provient souvent des eaux de bains trop chaudes et d’une mobilité réduite qui leur interdit un retrait suffisamment rapide.


Les séquelles

Les séquelles des brûlures résultent soit d'une immobilisation incorrecte, soit d'une cicatrisation à tendance rétractile, fréquente chez l'enfant.

Les séquelles inesthétiques surviennent en zone immobile : achromie, rougeurs, cicatrices hypertrophiques d'évolution spontanément régressive en 6 mois à 2 ans ou cicatrices non résolutives, apparaissant à la suite de brûlures à cicatrisation spontanée ou à la périphérie de greffes.

Les séquelles fonctionnelles surviennent près d'un orifice naturel ou au niveau des plis de flexion. Elles consistent en cicatrices rétractiles provoquant des brides limitant les mouvements articulaires. On aboutit par exemple à des doigts soudés les uns aux autres, à des brides autour de la bouche, des rétractions des paupières, la soudure du menton au sternum etc...Le traitement repose sur la chirurgie (autoplasties locales, greffes etc...)

Chez l'enfant, on observe une étendue importante des brûlures, la profondeur n'intervenant que comme facteur de complication infectieuse. Le risque de décès croît rapidement à partir de 30 % d'étendue des brûlures. Le chiffre de 60 % est un seuil critique. Il n'y a pas de survie possible des brûlés à plus de 80 %.


Les systèmes de production d’eau chaude

Les appareils destinés à la production d'eau chaude sanitaire sont de plusieurs sortes :

- chaudières mixtes (chauffage central + eau chaude) avec ou sans ballon,
- chauffe-eau électrique instantanés ou à accumulation (cas général),
- chauffe-eau gaz instantané ou à accumulation: (sans raccordement, à tirage naturel ou à ventouse),
- autres moyens, notamment ceux basés sur l'énergie solaire.

A l'exception du dernier, tous ces modes de chauffage de l'eau disposent de moyens de réglage de la température de l'eau mais ce réglage est généralement inaccessible (caché sous un couvercle comme dans le cas des appareils électriques) et de toute façon non "gradué" en température. Les appareils instantanés notamment fonctionnent par "élévation de température" et la température de sortie au robinet dépend de la celle de l'eau froide en amont.


Conseils pratiques

Afin d'éviter les brûlures il convient de maintenir la température maximale de l’eau chaude sanitaire à 50°C.

Toutefois, pour éviter le risque de développement de colonies de légionnelle il convient de maintenir l'eau chaude sanitaire à une température au moins égale à 60°C et/ou de stériliser périodiquement le circuit complet. Cette dernière préconisation doit être réservée aux lieux "à risques" tels que définis dans le rapport du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (CSHPF) et ne paraît pas pouvoir être mise en œuvre en habitat particulier.

S’il n’y avait la nécessité d’une production d’eau chaude sanitaire à plus de 65°C, principalement pour les robinets des cuisines, une production à 50°C serait sans aucun doute la solution la plus adéquate d’un point de vue qualité/prix puisqu’elle n’a aucune incidence sur les réseaux existants et ne nécessite qu’un simple réglage. Cette solution de réglage à 50°C s’avère particulièrement adaptée à la production d’eau chaude instantanée.

Parmi les solutions qui permettent de limiter la température à 50°C, à partir d'eau produite à une température supérieure, on trouve notamment la régulation par mélange, Elle peut se matérialiser sous la forme d’un régulateur thermostatique. Elle peut aussi utiliser le principe de la régulation électronique.

Au cours des 15 dernières années, nombre de campagnes organisées de par le monde ont mis en évidence l'efficacité des messages ciblés de formation du public pour la prévention des brûlures et des blessures provoquées par les liquides chauds.

Les résultats de ces expériences étrangères ont montré que les mesures passives (exemple : baisse de la température de l'eau, installation de dispositifs de sécurité) étaient plus efficaces que les stratégies actives (exemple : supervision).

Il convient donc que les ménages, notamment ceux ayant des enfants en bas âge, fassent installer des limiteurs de température, au moins aux postes de puisage (robinets) de la salle de bain. Ces limiteurs doivent comporter un dispositif à butée permettant à l'utilisateur de limiter la température maximale de sortie de l'eau chaude à 50 °C. Ils peuvent être placés au poste de puisage (cas des mitigeurs à butée de réglage) ou en sortie du moyen de production ou de stockage de l'ECS. Ce type de limiteur n'est en général pas compatible avec les moyens de production instantanés.









Voir aussi

Les personnes intéressées peuvent utilement se référer au Guide Technique édité par le CSTB (1): « Qualité et Hygiène des Réseaux d'Eau Intérieurs ».

CSTB : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment : www.cstb.fr
4, av. du Recteur Poincaré, 75782 Paris Cedex 16 - Tél : 01 40 50 28 28 - Fax : 01 45 25 61 51

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